Historique
Le tabac a été fumé en premier lieu par les Amérindiens depuis des temps indéterminés.
En 1556, André Thévet introduit la plante en Europe et la cultive près d'Angoulême. C'est par Jean Nicot, diplomate français au Portugal, qu'il est popularisé en France.
La première illustration botanique du tabac est donnée par Nicolas Monardes en 1571.
Appelé nicotiane en l'honneur de son découvreur (Jean Nicot), le tabac rencontre un grand succès à la cour de France, où on lui prête des vertus médicinales.
Le Cardinal de Richelieu instaure une taxe sur le tabac, et Colbert établit un monopole d'État de la vente en 1674.
L'usage du tabac devient la marque du raffinement dans la haute société. La cigarette est introduite en France en 1825.
![]()
Formes de consommation
Le tabac est consommé de plusieurs manières :
* fumé (cigarette, pipe, cigare, cigarillos, bidî, en vrac à rouler, en joint - c'est-à-dire mélangé à du cannabis), mélangé avec de la mélasse parfumée narguilé, etc. ;
* prisé (par inhalation) ;
* chiqué (par macération dans la bouche) : par « mâchage » ou en plaçant une boulette entre lèvre et gencive. Le snus suédois est un tabac fermenté présenté en petits sachets.
![]()
La responsabilité du tabagisme dans la genèse des cancers (en particulier du poumon) a été longue à établir. Les premières études qui lient le tabac au cancer ont été réalisées durant la période de l'Allemagne nazie, par Franz H. Müller (1939), Eberhard Schairer et Erich Schöniger de l'Université de Jena (1943).
Les nazis, attachés à la pureté du corps et à leur volonté de domination du monde sous un mode racial ont effectué une grande quantité de recherches sur le cancer (création d'un institut de recherche à l'Université de Jona) et ont été les premiers à mettre en place des politiques restrictives sur l'usage du tabac.
Le rôle cancérogène du tabac a été également suspecté dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, notamment par Richard Doll, épidémiologiste britannique, puis confirmé par des études de vaste envergure dans les années 1950 et 1960. Le lobbying des industriels du tabac a sensiblement freiné l'acceptation de ces données, la conviction de la majeure partie du corps médical étant fait à partir du milieu des années 1960.
![]()
Quelques statistiques
Le nombre de cigarettes fumées est de 100 milliards par an soit 18 par jour et par fumeur. Environ 50 % fument chez les 18 ans à 34, ça chute à 29 % pour les 25 ans à 75.
La fumée du tabac contient quelque 4 000 substances chimiques connues, dont plus d’une cinquantaine sont cancérigènes pour l’homme. Dans les espaces fermés où l’on fume, fumeurs et non fumeurs respirent la fumée et sont exposés à ses effets nocifs.
Selon l’Organisation internationale du Travail, 200 000 travailleurs meurent chaque année des conséquences du tabagisme passif sur leur lieu de travail. L’OMS estime qu’environ 700 millions d’enfants, soit près de la moitié des enfants de la planète, respirent un air pollué par la fumée du tabac.
Ni la ventilation ni la filtration, même combinées, ne parviennent à ramener l’exposition à la fumée du tabac à des taux acceptables dans les lieux fermés. Seuls des espaces 100 % non fumeurs offrent une protection efficace. Contrairement à un préjugé courant, fumeurs et non fumeurs sont largement favorables aux espaces non fumeurs.
![]()
Problèmes de santé causés ou aggravés par l'exposition à la fumée du tabac
* Sphère ORL : la fumée de tabac contient des produits irritants susceptibles de provoquer des laryngites. L'irritation chronique est propice à la formation des cancers du pharynx et du larynx.
* Poumons : Les dépôts de goudron irritent les voies respiratoires et favorisent l'apparition d'infections pulmonaires, puis de la broncho-pneumopathie chronique obstructive, provoquant une hypoventilation des tissus et une diminution de la résistance aux exercices physiques. À long terme, les bronchites deviennent chroniques pouvant mener à l'insuffisance respiratoire. Le monoxyde de carbone, quant à lui, se substitue à l'oxygène sur l'hémoglobine, et par conséquent diminue l'oxygénation du sang, provoquant un essoufflement (dyspnée). Il s'agit également d'une cause importante des cancers des poumons.
* Cœur et vaisseaux sanguins : la nicotine provoque une accélération du rythme cardiaque et comporte un effet vasoconstricteur, induisant une sous-alimentation des tissus. Il entraîne en outre une augmentation du taux de graisse dans le sang. Il favorise directement, à long terme, l'apparition et l'aggravation de l'athérome, obstruant progressivement les vaisseaux sanguins, avec toutes les implications : angine de poitrine, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, artériopathie oblitérante des membres inférieurs... Le risque d'infarctus du myocarde est globalement multiplié par 3 chez le fumeur et de manière moindre en cas d'exposition répétée et durable au tabagisme passif. Cette augmentation du risque se retrouve également pour le tabagisme sans fumer (chique, snus). En cas d'arrêt de consommation de tabac, le risque décroît mais ne revient pas au niveau d'un non fumeur.
* En combinaison avec la pilule contraceptive, le tabagisme est un facteur d'apparition de caillots pouvant conduire à une thrombose veineuse profonde (phlébite) ou à une embolie pulmonaire, voire un infarctus du myocarde.
* Fertilité : elle diminue tant chez l'homme que chez la femme fumeuse.
* Sexualité : le tabagisme, par son rôle dans l'altération des vaisseaux sanguins, favorise l'impuissance.
* diabète : Le tabagisme, aussi bien actif que passif, est associé à une augmentation du risque de sa survenue.
* Sida : La réponse aux traitements anti-viraux semble moins bonne chez les fumeuses porteuses du virus HIV.
* Fumer est particulièrement déconseillé pendant la grossesse : entre autres, les risques de fausse couche, de mortalité périnatale, de poids du nouveau né inférieur à la moyenne augmentent sensiblement, de même que les risques de mort subite du nourrisson. Le tabac favorise la survenue de malformations notamment la fente labio-palatine (bec-de-lièvre) chez le bébé. Même une faible consommation de tabac (de 1 à 10 cigarettes par jour) accroîtrait le risque.
* Au niveau de la cavité buccale :
+ risque d'apparition d'un cancer de la bouche multiplié par 5 à 9 par rapport aux non-fumeurs. Ce risque est corrélé au nombre de cigarettes fumées quotidiennement et à la durée de l'exposition et est lentement réversible (plus de dix ans d'arrêt pour revenir à un risque équivalent à celui du non-fumeur).
+ risque de parodontites sévères multiplié par trois, risque accru de perte des dents (corrélé à l'importance du tabagisme et réversible au bout de 11 années d'arrêt).
* Cancer du pancréas : risque multiplié par 2 à 4 par rapport aux non-fumeurs.
* Cancer du rein, de la vessie, du sein, de l'estomac et de l'intestin grêle.
* Le tabagisme également une cause majeure du cancer de la gorge, même si l'on n'a pas encore véritablement identifié la cause précise de tel ou tel type de cancer.
Le risque est de fait inhérent à la combustion, en particulier aux goudrons cancérigènes qui entrent dans la composition de la fumée, et ce quelle que soit sa méthode de prise (pipe, cigarettes ou cigare) ou la composition du produit consommé (tabac, herbes, avec ou sans additifs).
![]()
Symptômes du sevrage du tabac
Les effets du manque (ou symptômes de sevrage) représentent l'un des pièges les plus dangeureux dans le processus d'arrêt du tabac et causent la plupart des rechutes.
* Irritabilité
* Difficultés de concentration ou fatigue
* Fortes envies de fumer
* La gorge et la bouche sèches
* Accroissement de l'appétit
* Anxiété
* Insomnie
* Tremblements
* Maux de tête
* Désir de manger des sucreries
* Diarrhée, ou constipation
* Douleurs au ventre
![]()
Tabagisme passif
Le tabagisme passif résulte de l'inhalation involontaire de la fumée dégagée par la combustion de cigarettes ou cigares (courant secondaire; dans le cendrier par exemple), ou rejetée par un ou plusieurs fumeurs (courant tertiaire). La fumée de tabac ambiante (FTA) respirée par une personne exposée au tabagisme passif est un mélange de fumée du courant secondaire (environ 80%) et de fumée du courant tertiaire.
En 1997, un rapport de L'Académie de Médecine a estimé à 3 000 le nombre de non-fumeurs tués par le tabagisme passif par an en France.